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Fatema Mernissi






Jamila Hassoune

  • Comment la Caravane Civique a commencé ? (Fatema Mernissi)
  • Internet et les jeunes. Enquête 2003 dans les cyber-cafés du quartier universitaire de Marrakech (Jamila Hassoune)


  • Comment la Caravane Civique a commencé ?

    C'est en écountant Jamila Hassoune rêver tout haut d'un "tapis volant pour transporter les livres dans le rural" que tout a commencé. "Dans les 1001 Nuit des tapis volants, c'est normal. Moi, je rêve d'une librairie volante !" Dans la minuscule libraire qu'elle dirige à Marrakech, Jamila Hassoune a réalisé que pour créer du travail pour ses frères et sťurs, aller vers le lecteur pour l'inciter à acheter les livres était l'unique solution.

    "Je savais déjà que les ruraux étaient les futurs consommateurs de livres au Maroc. C'est eux qui ont soif de savoir. Les urbains emmet'in (choyés) tbarkallah. Mes parents sont originaires de Figuig où le livre est aussi rare que la pluie." Avec des stocks de livres dans le coffre de sa Renault Express, elle inaugura la première caravane civique, en animant des journées-livres dans les cours des écoles primaires et lycées de Ait Ourir, Attaouia, Sidi Bou Atman. Avec un groupe de collègues, elle créa l'association Club de Lecture et de Livre.

    En 1999, elle lance une enquête par questionnaire auprès de 1000 jeunes ruraux sur leurs besoins : "Ils rêvent d'un livre de poche à 10 dirhams," conclue-t-elle en exhibant ses statistiques (10 Dirham est autour de 1 Euro/1 Dollar). "Non seulement les jeunes ruraux rêvent de s'informer, mais ils rêvent aussi de rencontres", ajoute-t-elle, en caressant ses statistiques sous mon nez comme des talismans magiques.

    C'est ainsi que la Caravane Civique a démarré. La caravane a réussi par ce que je ne me suis adressée au départ qu'aux médecins, avocats, écrivains et artistes qui étaient déjà impliqués dans le monde associatif. Là est le secret de la réussite de cette initiative.

    Fatema Mernissi, introduction à la 4ème caravane, mars 2001


    Internet et les jeunes
    Enquête 2003 dans les cyber-cafés du quartier universitaire de Marrakech

    Jamila Hassoune, première présentation à la 7ème Caravane Civique, Zagora 2003

    La nouvelle technologie entre dans notre vie pour la rendre plus confortable. Imaginons un monde moderne sans TV, sans parabole, sans moyens de communication ! L'internet est l'un de ces moyens qui s'est vite installé imposant à notre vie quotidienne un autre mode de fonctionnement, une nouvelle discipline - malgré les difficultés techniques et le prix non accessible.

    L'enquête que j'ai mené dans les cyber-cafés (cet espace devenu intéressant de point de vue social), touchait en général des jeunes internautes âgés entre 18 ans et 26 ans, dont la majorité est étudiante, vu le choix des cyber-cafés au quartier universitaire.

    Etant une libraire qui a toujours défendu l'écrit je me suis demandée pourquoi passent ils directement à une autre forme de culture ? Les paraboles, les chaînes étrangères et internet. Ces jeunes marocains, je les trouve très curieux et alertes par rapport à l'information : Leur ouverture sur l'autre, leur soif de voyager par internet, de connaître d'autres cultures les encourage à utiliser d'autres moyens de communication.

    Le rêve de voyager qui est limité par les politiques de l'occident des visas, politique de contrôle des déplacements (par contre que les jeunes occidentaux ont plus la facilité de voyager dans nos pays). Une absence d'une infrastructure culturelle sur place qui aide à l'épanouissement des jeunes, du soutien et d'aide aux jeunes. Donc l'internet reste le moyen le plus pratique d'apprendre et être au même niveau que les autres quant à l'acquisition du savoir sans censure et avec beaucoup plus de liberté.

    Ces deux dernières années, j'ai remarqué une forte demande de manuels pour apprendre d'autres langues, surtout l'anglais. Une volonté de perfectionnement de franšais, et les jeunes sont de plus en plus convaincus qu'une seule langue n'est pas suffisante. Les moins de 26 ans ont tous tendance à apprendre une ou deux langues. L'achat aussi des manuels pour apprendre à utiliser l'ordinateur, des livres qui sont en général cher mais cela ne les empêche de les acheter.

    Moi j'encourage cet espace ouvert, que les jeunes côtoient, un espace collectif, qui les oblige à travailler en silence, à respecter l'autre, et le temps devient précieux vu le prix qui est imposé. En général le prix est un handicap, car les jeunes ont peu de moyens. La plupart d'entre eux trouve que c'est cher ils font moins d'une heure par séance et souhaiteraient un prix d'accès entre 2 et 5 dirham*. Le prix les oblige souvent à utiliser un poste à deux ou quatre.

    J'ai pu remarqué qu'un nombre important de jeunes (souvent scolarisés) se ruent vers internet au lieu, comme avant, de se regrouper en bande dans le quartier. Aujourd'hui ils ont un espace qui peut les rassembler pour d'autres hobbies. C'est vrai qu'au début beaucoup vont pour le chat, mais peu à peu ils découvrent le monde de l'internet.

    Ces jeunes malgré le prix élevé et les problèmes techniques, qu'ils rencontrent, ils utilisent l'internet pour des recherches scientifiques, pour leurs mémoires, pour des rapports ou autres recherches, cela leur est bien facile que d'aller consulter les livres à la bibliothèque municipale ou la bibliothèque universitaire où il n'y a pas d'accès direct, les livres ne sont pas disponibles et la recherche devient quasiment impossible (le manque de visibilité des livres dans les rayonnages, l'état triste des bibliothèques, etc.).

    Donc, pour ces jeunes, l'internet est l'autre alternative, qu'il faut bien gérer, et là vient l'importance de la démocratisation du savoir en technologie et de la formation surtout pour mieux se servir et mieux informer. Nous devons donc responsables, société civile, décideurs, tenir compte de cela est faire en sorte que les jeunes peuvent bien bénéficier d'un autre moyen d'apprentissage de langues et d'acquisition d'informations.


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    Portraits Overview

    Jamila Hassoune


    Libraire à Marrakech

    Activités:
  • Promotion du livre dans le milieu rural
  • Rencontres avec les auteurs de livres
  • Enquêtes auprès de jeunes lecteurs (1999) et de jeunes internautes (2003)



  • Related Links:

    www.jamila-hassoune.ma

    Club du Livre et de Lecture de Marrakech

    How did the Caravane civique begin?




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