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Fatema Mernissi






A quoi rêvent les jeunes?
Ouvrage collectif
dirigé par Fatema Mernissi

Edition Marsam, 2008
(...) "À quoi rêvent les jeunes?" C'est la question que me chuchota Abbas, un artisan potier du centre artisanal de l'Oulja à Salé, en regardant de biais son fils Saïd âgé de 20 ans que j'ai connu enfant. Saïd qui a échoué au bac a laissé tomber les études pour rejoindre l'atelier de son père. C'était le lendemain des attentats-suicide qui ont secoué Casablanca le mardi 10 Avril 2007 où :" quatre kamikazes, traqués par les services de sécurité, ont semé la terreur et la mort dans le quartier populaire mais paisible d'el Farah (joie, en arabe), situé dans la préfecture de derb Soltane-El Fida. Cinq morts dont quatre terroristes et vingt et un blessés dont six graves. " Mais j'ai paniqué pour de bon lorsque Saïd me confia dès que son père s'occupa d'un autre client, que celui-ci n'arrêtait pas de le surveiller et de fouiller sa sacoche depuis qu'il a vu les Kamikazes sur l'écran de sa télévision:"Ustada (Professeur), il n'a plus confiance en moi. C'est affreux!" J'ai paniqué ce jour-là parce que comme tout le monde, j'ai eu une relation agitée avec mes parents, mais jamais ceux-ci ne m'ont soupçonnée d'être une criminelle! Ce soir-là j'ai eu une insomnie rigide comme je les appelle et j'ai décidé à trois heures du matin d'arrêter de faire semblant de dormir pour me caler confortablement et réfléchir sur ce qui me terrorise. Qu'est ce qui m'empêche de m'assoupir? (...)

de l'introduction par F. Mernissi


Back "Overview Synergie Civique"


Atelier d'ecriture en 2007

Le séminaire « à quoi rêvent les jeunes » est un moment de réflexion, où diplomates, intellectuels et ‘experts de la finance d’un âge respectable’, décident de renverser les rôles : écouter les jeunes au lieu de les accuser d’être violents. Réflexe devenu courant après les derniers attentats terroristes de Casablanca d’Avril 2007. À tel point que le fils d’un épicier de Hay Karima (Salé) âgé de 18 ans m’a confié que son père n’arrête pas de le surveiller et de fouiller dans sa sacoche depuis qu’il a vu les Kamikazes sur l’écran de sa télévision. Le concept de ce séminaire est de renverser les rôles de classe et d’âge : le groupe des gens ‘super éduqués et d’âge respectable’ va passer un week-end à écouter attentivement et sans les interrompre, un groupe de jeunes artisans quasi illettrés, qui comprend des tisseuses de Tazenakht (Haut Atlas) et des potiers du Centre Artisanal d’El Oulja (Salé). A côté tisseuses et des potiers, j’ai invité deux jeunes écrivains marocains qui ont choisi le ‘jadal’, le recours à l’écriture comme source de pouvoir.

Chaque membre du groupe d’écoute fournira un article qui sera publié dans un livre collectif qui donnera aux jeunes artisans l’occasion d’exprimer leur rêves. Livre qui aidera ‘in cha Allah‘ décideurs et banquiers à s’en inspirer et à les concrétiser. L’idée de ce séminaire est née d’un dialogue l’Institut Italien et deux associations, à savoir ‘Synergie Civique’ animée par Prof. Najia Elboudali et Nafida (Association Marocaine de Psychanalyse et Culture), créée par Dr Farid Merini.




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