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Fatema Mernissi






Woman political prisoners
Mémoire fragmentée Authors of the book project:
Fatna El Bouih, Yousef Madad,
Ahmed Baydi, et.al.

What happened to them?
The book will present interviews of Berber-speaking women who were arrested and tortured when their husbands were identified with the "Moulay Bouazza" (Middle Atlas) events of March 1973. The authors, Fatna El Bouih is one of Morocco's first women to publish a novel on her five year detention experience "Hadit al Atama" / "Une femme nommée Rachid" (Editions le Fennec, 2001 / 2002). Yusuf Madad, her husband's latest contribution was to the "Rapport Annuel de l'Observatoire Marocain des Prisons" (Casablanca, 2001).

Que sont-elles devenues?
(Extrait du préface)

Attention! Ne répétez plus que "la démocratie est un produit occidental importé de New York" car, ce faisant, vous révélerez que vous ignorez une partie de l'histoire moderne du Maroc, celles des années 1970-80 que décrit la littérature de prison. Seuls ceux qui ignorent par exemple, que des femmes comme Fadma Ameziane, de la tribu des "Ait Khouya" sur la route des Moula Bouazza dans le Moyen Atlas, comme Itto Amziane, Aida Bouaqba et Tella, qui furent arrêtées, torturées et imprisonnées dans les années. Ces paysannes du Moyen Atlas, ignoraient l'anglais et le franšais, langues supposées véhiculer cette dangereuse "démocratie" supposée nous être étrangère. Fadma, Itto, Aida et Tella sont ce qu'on appelle des femmes traditionelles. Bien ! Mais tradition ne veut pas dire accepter l'arbitraire (Al jawr) et ne pas le combattre.

Cette littérature de prison révèle que si la majorité d'entre nous a traversé l'arbitraire des années 1970-80 sans s'opposer aux censures, des milliers d'autres citoyens, souvent de couches modestes, illustres inconnus, perdus dans de petits villages, sont entrés en conflit direct avec ceux-ci. En insistant sur leur droit à avoir des opinions différentes, ils on forcé le censeur à recourir à la seule arme dont il disposait avant la technologie moderne d'information: la violence renforcée par la censure. Et l'excellent chapitre historique de Youssef Madad "Chronologie des évenements du 3 mars à travers la presse officielle", montre d'ailleurs, que la démocratie, c'est-à-dire la volonté du citoyen d'avoir une opinion différente du pouvoir, est enracinée dans les traditions de résistance populaires du Moyen Atlas et d'ailleurs.

La différence entre arbitraire et démocratie réside dans le droit de la victime à l'information. Dans la société démocratique, le criminel n'est pas protégé par la censure. Le détenteur du pouvoir sait qu'il ne peut pas censurer la circulation de l'information et priver ainsi sa victime de son droit à la transparence. Ce qui est donc nouveau et importé, ce n'est pas tant la résistance à l'arbitraire que les technologies d'information qui ont fait basculer la balance du pouvoir du côté du citoyen.

Fatema Mernissi, Février 2001


Texte franšais
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Workshop Coordinator

Fatna El Bouih
Fatna El Bouih
Teacher and author

Yusuf Madad
Youssef Madad


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